Passage

Passage
Anse Saint-Jean, Québec

Passage
2003

En visite à l’Anse Saint-Jean, sur le bord de l’anse.
J’y découvre des rives en glaise pure.

C’est ainsi que nait mon projet Passage.
Avec de la paille, de la corde, des perches de bois et la glaise, je crée deux personnages, un de dix pieds, l’autre de six. Les formes façonnées émergent de mes souvenirs: ces heures passées dans des villages Santalis (peuple autochtone du Bengale) à dessiner maisons, chemins, villageois, animaux, végétation.

Je suis revenue du Bengale (Inde) en 2000, après y avoir vécu plus de six années.
Dans mon imaginaire dansent encore les déesses sculptées en paille et en glaise qu’on rejette à l’eau après une cérémonie de trois jours. Aux artisans qui modèlent les déesses, j’emprunte la technique, à la vie des villages, les formes.

La marée est basse. On creuse deux trous et y plante les deux sculptures. Bien ancrées. La marée monte. On prend des photographies. L’eau monte. La plus petite figure disparaît complètement. De l’autre, on ne voit que le haut. Il se met à pleuvoir.
Il n’y avait rien de prévu. Nous étions à peine une dizaine pour regarder les sculptures disparaitre sous l’eau.

Mon projet Passage a donné lieu à mon œuvre « Passage 1 » présenté en 2009 à la Galerie Verticale à Laval, dans l’exposition Chaud et froid, sous le commissariat de Anithe Carvalho.

Par mes personnages, lentement submergés par la marée, j‘évoque la précarité de nos vies humaines, des inondations qui raflent les villages, de la crise écologique dans laquelle on vit sans vraiment la prendre au sérieux et les peuples autochtones desquels on a pas su écouter le savoir.